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Une fille et deux garçons. Sur le campus de Brown comme ailleurs, il y en a un de trop. Madeleine aime le brillant Léonard et rêve déjà de leur futur radieux d’intellectuels talentueux. Mais Léonard est fragile, imprévisible, Madeleine est constamment sur le qui-vive. Avec Mitchell, le prétendant idéal, la vie serait plus simple ; pourtant Madeleine est réticente. Faut-il se marier par amour ?

Ça commence par une histoire banale, la vie quelque peu dissolue de trois étudiants sur un campus américain, des sentiments qui se dessinent, des hésitations, puis un choix à faire, la passion ou la raison. Mais lentement, insidieusement, un 4ème personnage s’immisce dans la vie de ces trois comparses, la maladie… Celle qui saccage sans montrer son visage, celle que l’on peut cacher un temps jusqu’à ce qu’elle dévoile ses pires côtés, la bipolarité. L’évolution de la phase maniaque est décrite d’une manière si précise qu’on pourrait presque glisser dans la peau de cet homme qui se voit se détruire et anéantir la vie de celle qui l’aime. On pourrait ressentir toutes les émotions de ces périodes où il ne dort pas et où son cerveau fonctionne intensivement sans jamais ralentir. La phase dépressive moins détaillée expose quand même les ravages de cette lourde pathologie, la léthargie et la noirceur dont il semble presque impossible de se délester. Le lecteur est aussi bien pris dans les filets de la maladie que dans le mélange de sentiments d’amour, de sacrifice, de renoncement, qu’ont en commun les trois protagonistes . Une belle lecture, par l’auteur de Virgin Suicides, qui livre un regard précis sur une maladie dont on entend de plus en plus parler sans jamais vraiment en comprendre ni les origines, ni les conséquences. L’amour est le lien, la trame qui fait naître toute l’histoire et qui lui donne une forme. Et les deux sont liés….irrémédiablement…